
Taboulé.
Je la regarde, elle est debout, à côté de sa valise rose fluo. Elle commence à établir un diagnostic sur la situation, elle renifle sa veste, des tremolos se font sentir dans sa voix. Elle voudrait oublier, mais elle cherche. Elle cherche à comprendre. À comprendre comment on peut en arriver là, à cet instant tellement prévisible qu’elle prenait soin de retarder le plus possible, et qu’elle tentait d’anéantir depuis quelques jours dans des pensées à voix haute. Elle est inquiète. Une voiture passe, ses jambes s’entrechoquent nerveusement. Elle demande une cigarette, crispée, elle me regarde et recrache la fumée par-dessus son épaule. Elle le savait. J’ai beau la serrer dans mes bras, la supplier dans ma tête d’arrêter de pleurer, elle craque. Ca fait mal de savoir tout ce qui lui traverse l’esprit à ce moment là, ca me fait mal en tous cas de l’imaginer. Ses yeux me fuient comme si elle avait honte et je ne peux pas m’empêcher de la regarder, je voudrais lui faire comprendre par télépathie que je ne lui en veux pas d’être comme ça, que personne ne lui en veut de croire à ses putain d’illusions, à part peut-être elle parfois.. Pour passer le temps elle déchire entre ses doigts de petits bouts de papier, pour essayer d’oublier qu’elle est là, précisément, et qu’elle voudrait partir loin, tout oublier, et ne plus jamais revenir.
« L’univers nous place là où nous pouvons apprendre. Ce ne sont jamais des endroits faciles, mais ce sont les bons. Où que nous soyons, c’est le bon endroit, et le bon moment. »
- cité de Delenn de Straczynski.






" Au creux de mon oreille vous aviez cru bon, de cibler, de cribler mon coeur de mots enflammés, de mots ficelés, de mots enrobés de douceur. Des mots de menteur.. "




Bon okay. Maintenant on arrête de merder sur toute la ligne.

<< Tout le monde dit et répète "Je t'aime" . Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. >>